Vous connaissez ces endroits qui paraissent presque magiques puisqu’ils sont gardés secret ? Ceux dont on découvre parfois l’existence par une photo. Puis, pour les découvrir il faut les chercher. D’abord chercher des indices sur une carte, puis en explorant la zone sur le terrain. C’est d’autant plus dur lorsque la progression est ralentie par la neige. Mélange d’espoir et « c’est impossible qu’on la trouve ». Mais la joie est d’autant plus grande lorsqu’on tombe enfin sur la cabane tant recherché.

Elle semble figé dans la neige. On prends alors le temps de la découvrir. Précauscieusement. Comme si le simple fait d’être là pourrait l’abimer. 

Cette cabane, les photos que j’en ai pris et l’intérêt qu’elle a suscité sur les réseaux m’ont confronté directement à un dilemme auquel je n’avais pas encore vraiment pris le temps de réfléchir et prendre position : l’impact des réseaux sociaux sur la nature par la surféquentation.  

Jusqu’à maintenant j’étais persuadé d’une chose : si j’ai la chance de découvrir quelque chose de beau, pourquoi est ce que je ne partagerais pas l’information pour permettre à d’autres d’en profiter aussi? Avec un peu de recul. En observant le comportement de certaines personnes. Et en voyant l’impact néfaste de la surfréquentation que peut générer une photo sur instagram. Je change petit à petit d’avis sur le sujet. 

Je reste pour le partage. Pour l’inspiration. Je suis pour la nature que l’on vie.  Mais je suis contre la nature que l’on consomme juste pour pouvoir checker la prise de sa photo instagram. Alors que derrière cette photo nous avons rien vécu d’intéressant. 

Alors oui, inspirons nous des réseaux sociaux pour nous donner envie de partir explorer le monde. Mais apprenons à découvrir des lieux par nous même. Des lieux qui nous ressemblent. Qui nous plaisent. Qui nous vont vibrer. Pas à cause de leur popularité sur intagram. Mais parce qu’ils font partis d’une jolie expérience qu’on a vécu et peut-être partagé. D’une belle découverte au détour d’un sentier. Ou même parce qu’un ami nous en a parlé (en nous faisant la promesse de ne pas le révéler sur les réseaux). Et surtout respectons cette nature. 

C’est Halloween ! Ma fête préférée. L’occasion d’aller passer une après midi pluvieuse dans une cabane au fond des bois.

Se faire un peu peur. Imaginer des scénarios dignes de film d’épouvante. Boire du chocolat chaud. 

Passer  l’après midi dans une cabane dans les bois : j’ai emprunté cette formidable idée sur le blog de Petit Bivouac.  Leur article indique notamment un site web pratique, répertoriant une partie des cabanes autour de chez vous (refuge.info).

C’est comme ça que nous avons trouvé la notre. Trois épingles au dessus de l’auberge des Seiglières à Chamrousse (dans le massif de Belledonne).

Nous avons choisi une journée pluvieuse et mis de quoi goûter dans nos sacs.

Après une courte marche d’approche de quelques minutes dans les bois avec des points de vue sur la cascade de l’Oursière au loin, on arrive rapidement à la cabane construite entre les sapins sur un lit de mousse verte, d’humus, d’épines et de champignons.

A l’intérieur, la cabane est rustique. Un poêle à bois, une table, des bancs, des livres, etc.  Le tout sous une épaisse couche de poussière et dans une seule et unique pièce baignant dans une odeur de bois et de renfermé. C’est pour cette ambiance que nous sommes venus. Regarder la pluie tomber à travers les carreaux crasseux. S’éclairer avec la faible lumière des bougies. Réchauffer nos mains autour des tasses chaudes.  Regarder la vapeur du thé brulant se transformer en nuage de condensation au contact de l’air froid.

Et repartir à la nuit tombée.

 

35 min

TEMPS D’ACCES
DEPUIS GRENOBLE