J’ai toujours du mal à m’habituer à l’hiver. Le froid. Les vêtements qu’on empile. La neige qui rend plus difficile l’accès à certains lieux. Les jours qui raccourcissent. La fatigue. J’hiberne toujours un peu à cette période. Le temps pour moi de faire mon deuil de l’été.

J’oscille entre un sentiment de culpabilité de ne pas profiter au maximum de ces paysages hivernaux, et le besoin de laisser à mon corps un peu de repos.

Mon rythme d’exploration est bien moins soutenu que pendant la période estivale pendant laquelle j’accumule les weekends road trips, randonnées et aventures en tout genre, mais ce n’est pas pour autant que ne sors plus du tout de chez moi les weekends. Et j’en profite aussi, pour me balader dans les massifs montagneux au pied de chez moi. Ceux que je délaisse un peu l’été pour aller un peu plus loin. Je découvre et redécouvre. A deux pas de chez moi. 

A quelques heures de voiture de chez moi, il existe des lieux tellement facile d’accès et pourtant si dépaysants. C’est le cas de ces lacs, que j’ai découvert pour la première fois en hiver sous une couche de neige si épaisse qu’il était difficile de les deviner. Depuis, je prends plaisir à les découvrir à différentes saisons. 

Fin du mois d’octobre 2021. Un nouveau confinement nous pend au nez. Le weekend qui arrive semble être le dernier weekend de liberté avant quelques semaines. Pas de temps à perdre. En route pour deux jours et une nuit en refuge dans la vallée de la Clarée. 

Cette vallée est extraordinaire. Encore plus en automne quand les mélèzes arborent leurs couleurs flamboyantes. 

Packraft au lac du Salagou

Vous connaissez les Packrafts ? Ces kayaks légers, compacts et robustes. Parfaits pour l’itinérance. On peut les utiliser sur des itinéraires sportifs en eaux vives. Mais ils sont aussi géniaux pour vivre des aventures plus tranquilles. Des aventures accessibles à tous !

Alors sortons nos chaussures de rando, notre tente de bivouac et notre duvet. Accrochons un packraft à notre sac à dos et partons à l’aventure ! Direction le lac du Salagou, dans le département de l’Herault.

Le lac du Salagou est un lieu à part. Totalement dépaysant. Un paysage aride de collines de roche et de terre rouge appelé Ruffe (sédiments argileux chargés en oxyde de fer) au milieu duquel un immense lac artificiel de 750 ha a été créé dans les années 1960, par la création d’un barrage pour permettre l’irrigation des cultures et réguler les crues des rivières en aval. Un magnifique terrain de jeu à explorer en packraft et à pied.

La piste qui permet d’accéder au parking de la chapelle de Notre-Dame des Cians, sa poussière rouge et les points de vue qu’elle offre sur le lac, nous immerge déjà dans l’ambiance typique du lieu.

Un sentier permet d’accéder facilement aux berges du lac. Nous gonflons les packrafts et donnons nos premiers coups de pagaies.

Nous sommes au mois d’octobre. On profite du temps clément du Sud avec la sensation de vivre une dernière parenthèse d’été avant les mois d’hiver.

L’eau calme et la lumière caractéristiques des fins de journée, nous incite à prolonger un peu la navigation. Nous installons notre premier bivouac sur une presqu’ile, sur la rive Nord du lac. Un emplacement idéal pour profiter à la fois des rayons de coucher et du lever du soleil. On s’endort bercé par le bruit du clapotis de l’eau.

Le lendemain matin, nous nous réveillons avec le soleil. Un café sur la berge. Puis on s’active. Nos affaires empactées sont glissées à l’intérieur des packrafts. Et nous sommes de retour sur l’eau. En direction de l’Ouest du lac.
Nous sommes seuls. Les seules embarcations que nous croisons sont des pêcheurs.

Nous faisons une halte dans le village abandonné de Celles. Ce village devait être immergé par les eaux lors de la construction du barrage en 1969. Finalement l’eau n’est jamais montée jusqu’aux habitations.

En milieu d’après midi, nous arrivons le long de la berge Sud. Ce coté est plus minéral. Les chemins de terre rouge sont bordés de cactus et de buissons de thym. On débarque, pour prendre un peu de hauteur en montant à pied sur la presqu’ile de Rouens. De là, on a une vue imprenable sur le lac et on repère de jolies criques, idéales pour une deuxième nuit de bivouac.

Nous sommes en automne et la nuit tombe plus tôt qu’en été. Une fois le campement installé, nous nous amusons à chercher et observer les écrevisses qui sortent à la nuit tombée. La lune se reflète dans le lac.

Le soir la température baisse rapidement. Nous ne nous éternisons pas longtemps hors de la tente, préférant rentrer nous mettre au chaud dans les duvets.

Le matin du troisième jour, nous nous réveillons avant le lever du soleil. Un voile de brume recouvre le lac. Aujourd’hui, c’est à pied, les packrafts, pliés et sanglés à nos sacs à dos, que nous continuons notre exploration des abords du lac. Nous prenons la direction du cirque de Mourèze en partant du village de Liaussion, pas très loin de notre lieu de bivouac. Comptez un peu plus de 13 km aller-retour (à pied) et 600 m de dénivelé pour découvrir un paysage lunaire parsemé de roches blanches façonnées par l’érosion. Au sommet, on découvre une vue imprenable sur le lac.

En fin de journée, c’est avec regret que nous récupérons le camion et prenons la direction du chemin du retour. Quelques heures de route nous sépare encore de Grenoble. Nous sommes heureux d’avoir vécu cette aventure dépaysante de 3 jours en packraft.

Il y a un an, je rencontrais Simon et sa jument Balzane, au milieu des montagnes du Mercantour. Ce weekend nous nous sommes retrouvés pour découvrir le massif des Bauges. 

Les monts du Cantal ! La pluie. Le brouillard. Mais aussi ses magnifiques et dépaysants paysages de hautes plaines vertes bosselées. Des fleurs de toutes les couleurs. Les maisons en pierres et leurs toits en lauze. Du fromage. Le calme. Seulement trahit par le tintement des cloches des innombrables vaches. 

 

J’aime aller dormir en refuge. C’est comme s’inviter chez quelqu’un qui habiterait en plein coeur de la montagne. Se déconnecter du monde extérieur. Rencontrer de nouvelles personnes.  Profiter de la montagne en fin de journée et au matin. Prendre son temps sans me sentir contrainte par le temps du chemin du retour. 

                 

C’est ce que j’ai fait ce weekend de juillet. Seule. Dans le massif de la Vanoise. 

Départ du village de Pralognan-la-Vanoise où j’ai passé une première nuit dans le van pour être sur place dès le matin. 

Une première halte au lac des vaches pour pic-niquer et attendre le bon timing pour traverser seule les dalles de ce célèbre lac sans faire partie d’une file de touristes.

Je repars en direction du col. Les marmottes sont reines sur le sentier. Et pas farouches. 

Au refuge, je choisis mon lit dans le dortoir que l’on m’a attribué. Pose quelques affaires. Le repas sera servit à 19h, ce qui me laisse quelques heures pour m’aventurer un peu plus loin.

Passé le col et le refuge, on a vraiment la sensation de rentrer au coeur du massif de la Vanoise. Une sensation de nature sauvage. 

Au repas, je rencontre, Nils, l’australien qui habite à Londres, Laurence et son accent belge qui fait seule le tour des glaciers de la Vanoise, Marc avec qui je passe la soirée à jouer aux échecs et Fabrice qui prends note des détails de ses voyages dans un petit carnet noir. 

Le matin, le petit déjeuner est servi à 7h, puis chacun repart de son côté. 

Pour moi c’est déjà la fin du weekend.

Pour faire une boucle je redescends par l’autre coté de l’aiguille de la Vanoise. Plus de 1000 mètres de dénivelé négatif qui, avec le manque de sommeil et le sac chargé, me paraissent une éternité. 

Cumuler bivouac et découverte d’une rivière en canoë, est ma découverte de l’été !

Un lieu de bivouac facile d’accès et des paysages magnifiques ? Le plateau des lacs dans le Taillefer !  – Lorsqu’il n’est pas sous le brouillard –  

Et pour rendre le weekend un peu plus original, nous avons rajouté deux thématiques : Shushis et Canoë ! 

La pluie au départ de la randonnée ne nous a pas découragé. Et heureusement ! Puisqu’elle a laissé un peu de place au soleil durant le weekend. 

Nous avons exploré les lacs dans les zones un peu moins connues du plateau. 

Et activité insolite : mise à l’eau et balade en canoë Packraft sur les eaux calmes du lac fourchu. (avec le plus de respect possible pour la faune et la flore)

Sans oublier la dégustation des sushis devant le coucher de soleil.  

« Celui qui écoute trop la météo, reste au bistrot » 

C’est un peu la devise de cette rando-bivouac. Le département de la Savoie est en alerte orange pour les orages mais notre envie d’aller en montagne est plus forte. 

Nous ne sommes pas encore sortis de la voiture que les paysages du col du Lautaret et du Galibier, nous en mettent déjà plein les yeux. 

La randonnée jusqu’au lac des Cerces n’est pas très longue mais en voulant économiser quelques kilomètres de marche, je me débrouille pour embourber la Twingo sur la piste du début du parcours. 

Le reste de la montée se fait à pied le long du torrent. Arrivés au lac, et les tentes plantées sur un replat un peu en surplomb pour profiter de la vue sur les aiguilles d’Arves, on se remet en marche, délestés de nos affaires en direction du col. La neige est encore bien présente. Après avoir traversé quelques nevés, deux nouveaux lacs apparaissent devant nous : le lac du Grand Ban et le lac rond.

Le temps est gris. C’est un soir sans coucher de soleil. 

Un repas chaud et quelques parties de cartes, puis chacun retourne dormir dans sa tente. 

La nuit sera venteuse et courte.

Le matin, on a envie d’explorer les environs. De sortir des sentiers. 

On découvre la vallée de la mort et ses 14 squelettes de moutons éparpillés entre étendues herbeuses et éboulis. L’ambiance est singulière. Pas de bruits, ni de mouvement d’animaux. Tout est étrangement calme. 

On se prend au jeu et on regroupe puis dispose les plus beaux crânes trouvés en un cercle parfait. 

Et là, comme si nous nous faisions avoir à notre propre jeu, lorsque nous posons la dernière tête refermant le cercle, le tonnerre gronde et en à peine 3 minutes, l’atmosphère devient apocalyptique. Pluie battante, ciel noir, éclairs, vent, tonnerre. Le ciel nous tombe littéralement sur la tête. 

Une fois sorti de la vallée de la mort, le soleil ne mettra pas longtemps à revenir, pour nous laisser plier les tentes et redescendre au sec.